Sékou Touré

Guinnée Conakry

Lorsque ce 25 Août 1958, dans la salle du Gouverneur à Conakry, il assène son « non »  au projet de communauté française que propose le Général de Gaulle aux territoires français d’Afrique, il n’imagine pas à ce moment-là à quel point il va bouleverser le destin de son pays. Il ne mesure pas non plus à quel point la France va le punir pour cet affront. Mais, il préfère la pauvreté dans la dignité, plutôt que la richesse dans l’esclavage. Une option louable qui va très vite être confrontée à la réalité politique. Il doit donner à la Guinée un visage, des institutions.  Il doit construire son économie. Il part de zéro puisque Paris s’en est allée aussitôt l’indépendance acquise en emportant tout. Jusqu’aux fils électriques, et les câbles de téléphone. Il ne peut donc désormais compter que sur son peuple, sur la jeunesse africaine, et sur une diaspora engagée et militante qui accourt à Conakry.
Mais qu’est-ce qui va transformer le régime de cet ardent nationaliste particulièrement soucieux du bien être de son peuple en une dictature féroce où les prisons se remplissent à un rythme effréné ? Quelle est la part des grandes puissances dans sa descente aux enfers ?