Les leaders Africains du XXe siècle

Tout d’un coup, l’indépendance ! Après s’être battu pour elle, elle était là. Offerte. Plus tôt que tous ne l’avaient espérée. Après les grands discours sur la soif et le droit à la liberté pour tous, il fallait maintenant prendre en main – au moins officiellement - les rênes des nouveaux états. Une tâche à laquelle ceux qui héritaient du pouvoir, et qui très souvent n’étaient pas les nationalistes qui avaient combattu le colonisateur, n’étaient pas préparés.

Construire une nation. Faire de ces ensembles hétéroclites, où le maître d’hier avait savamment entretenu la division, des pays unis et cohérents. Pas facile lorsque la puissance tutrice, très souvent, continuait de garder la main sur les principaux secteurs économiques. Pas facile non plus lorsque la main-d’œuvre qualifiée était quasi inexistante. Pas facile enfin lorsque le complexe d’infériorité, inculqué au fil des  siècles aux noirs, continuait de brider l’action et la timide audace des leaders, et même de la population entière. Il fallait redonner sa dignité et sa fierté à l’Africain. C’était désormais le combat de quelques nationalistes très souvent perçus comme des subversifs.

C’est pourquoi, certains intellectuels, peu nombreux malheureusement dans cette période postcoloniale, se sont investis dans la recherche tant scientifique, ethnologique, archéologique que linguistique pour démontrer que le Noir a une histoire dont il doit être fier. Pour prouver aussi que la civilisation hellénique a puisé à cette riche fontaine africaine. Et que, quoi qu’en disent les grand savants et chercheurs occidentaux, l’Egypte Ancienne, celle des Pharaons et des pyramides éternelles qui sont des merveilles de l’histoire de tous les temps, n’était pas étrangère à l’Afrique Noire.

Malheureusement le succès et le développement n’ont pas été au rendez-vous. Pire, certains soldats, notamment de la coloniale, avec quelquefois la complicité de l’ancien maître et d’une poignée de diplômés revenus au pays, se sont accaparés le pouvoir, et ont instauré dans leur territoire des régimes parfois plus durs et plus cruels que celui de l’ancien maître.  L’espoir suscité par l’indépendance a fait place à la désillusion.  Et la jeunesse s’interroge. Elle veut savoir ce qui s’est passé. Se réapproprier son histoire car c’est de l’expérience du passé que l’on construit l’avenir.

Ce moment décisif d’après Indépendance, avec ses errements et ses succès, avec ses violences et ses revirements, ses guerres et ses compromissions,  méritait d’être raconté enfin. Sans passion, ni complaisance. Sans condescendance, ni subjectivité.

Ce coffret est une esquisse de cette histoire contemporaine de l’Afrique à travers ses grands hommes. Un regard sans grande prétention sur cette période que devront affiner et parfaire les futures générations. Il réunit dans ce second volet quelques leaders qui ont dirigé leur pays au moment des indépendances, et d’autres qui les ont renversé ou remplacé. Il comporte aussi quelques militants de la cause noire et des intellectuels qui ont contribué à rendre l’Africain plus fier et plus digne qu’il ne l’était avant la fin de la colonisation. Mais cet opus n’en est qu’au début, puisque suivront, c’est sûr, d’autres personnages qui ont marqué l’Afrique contemporaine. Parce que nul n’a le droit d’effacer une page de l’histoire d’un peuple car un peuple sans histoire est un monde sans âme.

                                                                                                                           Alain Foka

Commentaires

merci de nous fair revenir a l'histoire mais j'aimerais savoir si ya une pociblité de téléchager