Alain Foka : Médias d'Afrique c'est mon bébé 30/10/2007

10/30/2007

 
Qui est Alain Foka ?Je suis un Camerounais originaire de la province de l'Ouest, qui a fait ses études en Europe. Un Camerounais plus rattaché à son Afrique et son Cameroun, plus qu'il ne l'était lorsqu'il était sur place. J'ai fait tomber toutes les barrières tribales et les préjugés afin de rester un Africain bien accompli.
Depuis quand êtes-vous journaliste ? Si je réponds directement, certainement les gens seront surpris parce qu'ils pensent que je suis jeune.
Au contraire ! On vous écoute depuis longtemps…
Je suis journaliste depuis 1984. Vous voyez combien d'années ça fait… (rire)
Qu'est ce qui vous a attiré vers ce métier ?C'est un peu difficile de dire exactement ce qui m'avait attiré vers se métier. J'ai toujours voulu être journaliste, aussi bien que cela remonte dans le temps. Mais pendant quelques mois j'ai voulu être avocat, mais je me suis dit que ce n'est pas un métier amusant. Alors qu'en étant journaliste on peut être écouté d'un plus grand nombres et pouvoir passer des messages.
Comment êtes-vous donc devenu journaliste?J'ai faillit passer par l'Esstic (Ecole supérieure des sciences et techniques de l'information et de la communication, Ndlr), puisque l'année où je partais, j'ai eu le concours d'entrée à l'Esstic. Heureusement ou malheureusement, j'ai laissé passer cette chance pour aller faire des études en sciences politiques. J'ai également fait une école de journalisme, qui est le Centre de formation de journalisme de Paris, où j'ai retrouvé des étudiants de l'Esstic de l'époque, qui venaient faire leur troisième année.
Quels sont les meilleurs moments que vous avez jusque-là connus dans votre carrière ?
Le meilleur moment, c'est incontestablement l'interview avec Nelson Mandela. C'est le seul moment où j'ai perdu mes moyens. J'étais devant un monument, et je ne réalisais pas que j'étais devant ce personnage qui avait sacrifié 25 ans de sa vie pour une cause. J'étais influencé et je perdais mes mots, et il m'a dit : "Mrs Foka, take it easy…".
Vous avez certainement connus des moments difficiles aussi…
Mes moments difficiles, c'est la guerre au Rwanda en 1994. J'ai couvert le génocide au Rwanda, où j'ai vu la bêtise humaine. J'ai compris que l'homme n'était pas si loin de l'animal. Des gens qui tuaient à la machette, qui coupaient et qui vous poussaient à les filmer. L'autre moment difficile ce fut lors de la guerre au Congo. Là-bas aussi, il y avait des charniers, les gens décimaient des villages. Et nous, on regardait en tant que journaliste, on n'avait pas grand-chose à faire.
Quelle idée avez-vous de la pratique du journalisme dans un pays comme le Cameroun ?Je fais une émission, "Médias d'Afrique", pour permettre aux journalistes africains de s'exprimer, en donnant leur point de vue sur l'actualité internationale. Je pense que les journalistes africains sont très bons, et les journalistes camerounais davantage. Il y a de bonnes écoles, mais c'est le cadre de travail qui est difficile puisqu'on ne fait rien pour l'améliorer malheureusement.
Parlant de votre émission, Médias d'Afrique, est-ce vous qui l'avez conçue ? Elle date de quand ?
"Médias d'Afrique", c'est mon bébé. L'émission date de onze ans, mais c'est un travail d'équipe. C'est le travail de la rédaction, des correspondants, etc. Un journaliste tout seul n'est rien.
Qu'est-ce que ça vous fait quand on dit que les deux voix du Cameroun, c'est Abel Mbengue et Alain Foka ?Je suis flatté quand on dit que les deux voix du Cameroun c'est Abel Mbengue et Alain Foka. Surtout qu'Abel faisait partie de mes modèles.
Quel serait votre plus grand rêve dans la pratique du journalisme ?Mon rêve, c'est que dans 20-40 ans il y ait des journalistes africains sur des grands médias internationaux. Pour qu'on écoute aussi leur son de cloche, et que les Africains créent un médium à l'instar d'une Cnn à l'africaine. Ce serait l'idéal. Puis, je passerais à autres choses…