Ahmadou Ahidjo

Cameroun

Son bagage intellectuel plutôt modeste ne le prédisposait certainement pas à marquer d’une trace indélébile l’histoire de ce pays qui comptait déjà de nombreux diplômés d’universités occidentales. Et pourtant ce peul d’origine modeste, né dans une région de rude tradition musulmane, aura réussi à conduire le Cameroun à l’indépendance dès 1960 ; mais aussi et surtout à réaliser l’unité nationale dans ce territoire attribué à la France et à la Grande-Bretagne après la Seconde Guerre mondiale. Plus de 200 ethnies, cela fait beaucoup de personnes à réunir. Mais il ne va pas lésiner sur les moyens pour le garder entier.
Cet « homme  pragmatique qui hait le dogmatisme » va surprendre un peu plus l’opinion internationale en décidant un soir de Novembre 1982 de démissionner de sa fonction de Président de la République pour céder son fauteuil à son successeur constitutionnel. Mais comment comprendre que moins de deux ans après, il ait été condamné à la peine de mort et que sa dépouille n’ait jamais retrouvé la terre de ses ancêtres qu’il chérissait tant ?